(num.21 BOUHIOUI) 23 février 2008
... Un artiste qui peint de l'abstrait a mis sur un site étranger des photos de ses œuvres. Puis à la fin, il a mis des photos d'œuvres figuratives de bonne qualité technique pour montrer qu'il est passé progressivement du figuratif à l'abstrait. Un peu à la manière de certains grands peintres des temps d'avant. Le problème est que ces œuvres figuratives ne sont pas de lui mais d'un autre peintre !
Un seul mot vient à l'esprit : Quel 'looser' !
Quand on n'a pas une bonne technique, il faut la compenser par de la créativité. Quand on n'a ni l'une ni l'autre, il faut faire autre chose.
Bien sûr c'est un don du ciel que d'avoir à la fois une bonne technique et un esprit créatif, mais l'histoire nous rappelle que beaucoup d'artistes ont réussi avec des techniques moyennes, voire médiocres, grâce à leur créativité, à leurs idées et au bonheur de peindre.
En fait on oublie quelques fois un élément essentiel : la joie de peindre
En plus du sens de l'observation, des considérations esthétiques, de l'honnêteté intellectuelle et de l'originalité, je crois que notre état d'esprit au moment d'appliquer la peinture sur la toile rentre en force dans l'œuvre finale. Et cela, notre audience le capte d'une manière ou d'une autre. Les gens sentent quelque chose qui traduit cet état d'esprit.
C'est probablement pour cela que tout le monde aime les dessins d'enfants. Même si leurs dessins sont simplistes ou distordus, si leur technique est au niveau zéro, les gens répondent positivement et avec de l'intérêt.
Quand les enfants dessinent, ils le font strictement pour le 'fun', pour le plaisir. Ils ne trichent pas. Ils s'amusent en dessinant. Et dès qu'ils perdent intérêt, ils laissent tomber et font autre chose.
On sent le plaisir qu'a eu l'enfant en dessinant, et ça nous touche.
Les artistes qui réussissent à intéresser les gens malgré une technique limitée sont ceux dont les œuvres reflètent le plaisir de peindre. Ca se sent d'une manière ou d'une autre.
Les professionnels tombent souvent dans des histoires de délais, de dates limites, de commandes ou de quotas etc. Et ce n'est pas grave car cela fait partie du jeu. L'essentiel est de ne jamais oublier cet élément important pour l'artiste : le plaisir ; la joie de peindre. Je me répète, je sais. Désolé.
On doit se rappeler que c'est une chance d'être ce qu'on est. Une chance d'avoir la possibilité de créer. Une chance d'avoir le temps et la liberté de le faire. Une chance pour ceux qui ont une bonne technique d'avoir eu ce don. Et ce bonheur se reflétera sur les œuvres. C'est simplement ce que je crois.
Tomber dans le 'looserism' n'est pas une fatalité !
BOUHIOUI
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