(num.6, BOUHIOUI) 10
novembre 2007
...Si vous êtes mathématicien ou physicien de haut niveau, on vous considère comme très intelligent. Si vous êtes historien ou sociologue de haut niveau, on respecte votre intelligence et votre culture, mais généralement, sans plus. C’est une réalité comme vous le savez. Je n’invente rien là!
C’est Einstein, le théoricien de la physique qui est devenu le symbole de l’intelligence et non pas des génies comme Van Gogh ou Picasso. Et pourquoi pas Muhammad Ali Clay ? Oui le boxeur dyslexique. Un personnage très intelligent. N’a-t-il pas battu des mastodontes, trois fois plus musclés grâce à son intelligence ? N’a-t-il pas révolutionné les rapports entre sport et media ?
J’ai l’impression qu’on confond souvent l’intelligence d’un individu avec sa capacité à jongler avec les abstractions.
Mon penchant naturel pour le nomadisme m’a fait rencontrer des gens de toutes les couleurs, toutes les races, et de toutes sortes d’intelligences. Des gens normaux mais aussi des génies et des légumes, des anges et des crapules, des gens doués en philosophie et d’autres en business, des gens doués dans l’art de la bienfaisance et d’autres dans celui de détourner l’argent public.
J’ai la ferme conviction qu’il n’y a pas une, mais des dizaines d’intelligences différentes.
Quand j’étais lycéen, j’ai fait une rencontre qui a changé ma perception de ce phénomène. J’ai rencontré un fellah analphabète capable de résoudre mentalement des équations du second degré. C’était toujours des problèmes de nombres de vaches et de poules mais il fallait que je fasse appel à tout l’arsenal mathématique dont je disposais à l’époque pour vérifier ses résultats. Analphabète mais d’une intelligence inouie.
Je pense que dans notre passion qui est l’art il y a une autre sorte d’intelligence : celle de créer à partir de rien. Cette capacité qui n’est pas donnée à tout le monde, pourrait être qualifiée d’intelligence créative (ou ‘créatrice’, mais j’aime un peu moins)
Comme dans tous les domaines de la vie, il y a dans l’art aussi des degrés plus ou moins élevés d’intelligence. Alors que certains artistes doivent se creuser les méninges pour créer, d’autres le font avec une facilité qui met mal à l’aise.
C’est une histoire de neurones et de connextions entre-eux. Plus on travaille, plus on crée de connexions entre ces cellules nerveuses et donc on devient de plus en plus intelligent dans le domaine. L’intérêt et le travail inlassable stimulent, et renforcent l’intelligence (si vous êtes neurobiologiste, critiquez-moi gentiment !)
La créativité est donc probablement un autre type d’intelligence qui a été stimulé, nourri, entretenu durant des années pour donner naissance à cette facilité.
Il n’y a pas de mystère : il faut travailler !
Bonne semaine.
BOUHIOUI
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