Ecrits

La valeur de l'artiste
(num.34 BOUHIOUI) 24 mai 2008

...Dans un pays où, être acteur, a été un métier marginal pendant des générations, il est normal que les très bons acteurs se comptent sur les doigts d'une main voire deux, mais pas plus.

Et pourtant, ils existent, ces artistes qui aiment ce noble métier-là.

Jeudi dernier je traversais le quartier 'oulfa' à Casablanca. Un quartier dit 'à habitation économique'. Je roulais à 10km/h à cause de l'agitation incroyable et des trajectoires chaotiques des piétons lorsque j'ai aperçu un acteur marocain très connu, aux cheveux blancs qui marchait la tête baissée, les yeux sur le trottoir accompagné d'un jeune garçon qui allait s'avérer être son fils.

Je ne dirai pas qui, mais c'est le genre d'acteur qu'on voit dans tous les grands films du pays. Un de cette petite poignée d'acteurs marocains qui, lorsqu'ils jouent, donnent l'impression que c'est du vrai.

Le monsieur qui m'accompagnait m'a dit que l'acteur habitait bien dans ce quartier-là !  Et cela m'a vraiment ému. J'ai eu un sentiment désagréable d'injustice.

J'ai pensé à Tom Cruise qui gagne environ 20 milliards de centimes marocains par film ! Un grand professionnel certes, mais que je ne trouve personnellement pas plus doué que notre vieil acteur marocain. Bien sur, il est moins beau et moins jeune et au lieu d'être à Hollywood, il est à 'voléwood'. Mais je vous jure qu'il joue mieux que le père Tom !

Merci, à bientôt,
BOUHIOUI



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